Pourquoi les roumains viennent travailler en France ?

Sommaire

Comprendre pourquoi les Roumains viennent travailler en France suppose d’examiner des réalités économiques, des droits européens et les besoins du marché de l’emploi. Écarts de salaires, secteurs en tension, conditions de séjour, droits du travailleur roumain et démarches pour s’installer : nous faisons le point sur les principaux facteurs de cette mobilité.

Pourquoi autant de Roumains en France

Pourquoi y a-t-il autant de Roumains en France et pourquoi choisissent-ils de s’y installer ? La réponse est d’abord économique. Les salaires sont plus élevés, le marché de l’emploi français recrute dans plusieurs secteurs et la liberté de circulation au sein de l’Union européenne simplifie l’installation. Ces éléments expliquent une mobilité durable et structurée.

Groupe de personnes au gare, portant des valises et sacs, prêt à voyager; ambiance de départ et déplacement. Pourquoi les roumains viennent travailler en france.

Des salaires nettement plus élevés

Pour comprendre pourquoi les Roumains viennent travailler en France, il faut comparer les revenus. En 2019, le salaire brut annuel moyen atteignait 13 593 € en Roumanie, contre 41 581 € en France, soit plus de trois fois plus. En 2026, le SMIC français s’établit à 1 823,03 € bruts mensuels, tandis que le salaire minimum roumain plafonne à environ 865 €. Pour en savoir plus sur le différentiel salarial franco-roumain, ces données sont particulièrement éclairantes.

Un emploi rémunéré entre 1 800 € et 2 500 € bruts en France représente, pour un travailleur roumain, un gain mensuel supplémentaire de 1 000 € à 1 600 € par rapport au SMIC de son pays. Les raisons économiques sont donc mesurables. En 2023, le salaire brut mensuel moyen en Roumanie atteignait 1 467 €, soit 57 % de moins que la moyenne de l’UE-27, fixée à 3 417 €.

Indicateur Roumanie (2026) France (2026)
SMIC brut mensuel ~865 € 1 823,03 €
Salaire net moyen ~1 100 € ~2 350 €
Salaire brut annuel moyen (2019) 13 593 € 41 581 €
Salaire brut mensuel moyen UE-27 (2023) 3 417 € (Roumanie : 57 % en dessous)

Un différentiel de pouvoir d’achat durable

Le coût de la vie en Roumanie est estimé environ 60 % inférieur à celui de la France. Cet écart réduit partiellement la différence de pouvoir d’achat pour les personnes qui restent sur place, mais il ne compense pas la difficulté à épargner ou à soutenir une famille avec un revenu local. Même temporaire, le travail en France peut donc permettre de constituer une épargne inaccessible avec les salaires roumains.

Les disparités régionales renforcent cette dynamique. À Bucarest, le salaire net moyen peut atteindre environ 1 400 €, contre seulement 700 € dans certaines zones rurales. Les régions du sud et de l’est, touchées par la désindustrialisation, sont les plus concernées par les départs. La stabilité économique française, les salaires plus élevés et un marché de l’emploi structuré rendent la France particulièrement attractive.

Des réseaux diasporiques déjà présents

La diaspora roumaine en France était estimée à environ 520 000 personnes en 2019. Cette présence facilite l’arrivée et l’installation de nouveaux actifs grâce aux familles, aux compatriotes et aux communautés locales. Un Roumain en France peut souvent compter sur un premier réseau lorsqu’il souhaite venir travailler en France, plutôt que de découvrir seul un environnement inconnu.

Ces réseaux orientent concrètement les nouveaux arrivants vers des employeurs, des logements et les démarches administratives nécessaires. Ils partagent aussi leur connaissance du marché de l’emploi, des secteurs qui recrutent et des conditions de vie. Pour un travailleur roumain, cette entraide réduit les risques liés à la mobilité et rend le séjour professionnel plus accessible, notamment lorsqu’il passe par l’intérim.

La Roumanie face aux perspectives professionnelles

Depuis son adhésion à l’Union européenne en 2007, la Roumanie connaît de profondes transformations. Des métropoles comme Cluj se sont imposées comme de véritables pôles technologiques. Cette dynamique ne suffit toutefois pas à retenir tous les profils qualifiés : les écarts de rémunération et le manque de débouchés dans certaines spécialités continuent d’inciter les talents à travailler sur des marchés étrangers, notamment en France.

Une économie en développement

La Roumanie offre des opportunités réelles, mais aussi des contraintes salariales. Le pays se développe rapidement, avec des investissements visibles dans le bâtiment, le commerce et la technologie. Son PIB par habitant, estimé à 29 700 €, reste néanmoins inférieur à la moyenne de l’UE, fixée à 38 100 €. La Roumanie ne représente qu’environ 1,9 % du PIB total de l’Union européenne, ce qui confirme un poids économique encore limité à l’échelle communautaire. Les salaires demeurent structurellement inférieurs aux standards européens, malgré les progrès enregistrés dans plusieurs secteurs.

Des carrières recherchées en France

Certains profils qualifiés issus de Roumanie trouvent en France des perspectives que leur marché domestique ne peut pas toujours offrir. C’est notamment le cas dans les territoires confrontés à des difficultés de recrutement chroniques. La France attire des compétences dans des domaines variés, du médical au technique, en passant par l’industrie et les services. Pour des candidats roumains bien formés, ces tensions créent des possibilités concrètes de carrière et de mobilité.

  • Médecine : plus de 4 000 médecins roumains exercent en France parmi les 26 000 médecins étrangers recensés. Ils contribuent ainsi à réduire les effets de certains déserts médicaux.
  • BTP et industrie : les savoir-faire techniques roumains dans la construction, la chaudronnerie, la soudure et la maintenance sont très recherchés sur le marché français.
  • Transport et logistique : la conduite de poids lourds et la gestion logistique figurent parmi les métiers en tension où les ressortissants roumains sont particulièrement présents.
  • Sciences et recherche : des profils universitaires et scientifiques roumains ont rejoint des établissements français, où les conditions d’exercice et de rémunération sont plus favorables.

En 2022, les travailleurs mobiles roumains représentaient 25 % de l’ensemble des travailleurs mobiles de l’Union européenne, soit 2,1 millions de personnes.

Le français, un atout pour un Roumain

Environ 12 % de la population roumaine parle français. Cette compétence facilite l’intégration dans les équipes françaises et réduit les besoins de formation liés à la communication professionnelle. Pour un employeur, recruter un ressortissant roumain francophone offre un avantage opérationnel immédiat : la prise de poste est plus rapide, la coordination plus fluide et les risques d’incompréhension au travail nettement réduits.

Le roumain et le français sont deux langues romanes. Leur parenté structurelle facilite la compréhension de certains mots et de certaines constructions. Cette proximité ne suffit pas à elle seule : un accompagnement reste utile pour maîtriser le français professionnel. Vous pouvez considérer cette compétence linguistique comme un critère de sélection concret, qui favorise l’intégration durable des profils accompagnés.

Trouver un emploi pour travailler en France

Depuis le 1er janvier 2014, tout citoyen roumain peut accéder directement au marché du travail français, sans visa ni autorisation préalable. Les secteurs en tension proposent des opportunités concrètes, avec plusieurs modalités de recrutement : CDI, CDD, intérim ou détachement, chacune répondant à des conditions administratives spécifiques.

Illustration séquentielle: drapeau Roumanie → drapeau UE → contrat écrit → signature de contrat, logo Interim Solutions en bas à droite. Pourquoi les roumains viennent travailler en france comme thème.

Les secteurs qui recrutent

Pour un Roumain souhaitant trouver un emploi en France, les secteurs en tension constituent souvent le point d’entrée le plus direct. Les employeurs français n’ont pas à justifier l’embauche d’un ressortissant européen plutôt que celle d’un candidat local.

  • BTP : maçonnerie, charpente, pose de revêtements, installation sanitaire et conduite d’engins de chantier recrutent régulièrement des profils roumains qualifiés.
  • Logistique et transport : conduite de poids lourds sur longue distance, manutention et gestion d’entrepôts offrent des débouchés stables dans un secteur structurellement tendu.
  • Industrie et agroalimentaire : soudage, maintenance industrielle, conduite de lignes de production et transformation alimentaire sont accessibles aux candidats disposant d’une expérience valorisable acquise en Roumanie.
  • Agriculture et hôtellerie-restauration : travaux saisonniers agricoles, aide en élevage, cuisine et service en salle font partie des activités qui recrutent régulièrement des travailleurs roumains.

Les profils médicaux, techniques et scientifiques trouvent également des débouchés, notamment dans les zones sous-dotées en professionnels de santé ou en ingénieurs. Les ressortissants roumains en France peuvent s’inscrire à Pôle emploi afin de bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans leur recherche d’emploi et d’accéder aux offres disponibles sur le territoire.

Les contrats accessibles aux Roumains

Un ressortissant roumain peut être embauché dans le cadre de toutes les formes de contrat prévues par le droit français : CDI, CDD, intérim, emploi saisonnier ou détachement transnational. L’employeur n’a pas à prouver l’absence de candidat français ni à obtenir une autorisation spécifique pour recruter un citoyen roumain.

L’embauche de salariés roumains en CDI les intègre à l’effectif français, avec application complète du droit du travail dès le premier jour. Pour une mission d’intérim, les mêmes règles s’appliquent : le travailleur doit percevoir au minimum le SMIC en vigueur ou le minimum conventionnel applicable.

Le détachement transnational constitue une autre possibilité. Une entreprise roumaine envoie alors un salarié en France pour une durée limitée, tout en maintenant son contrat et son affiliation sociale roumains. Cette formule est courante dans le BTP et la logistique. Elle exige toutefois plusieurs formalités, déclaration SIPSI et formulaire A1, ainsi que le respect des protections françaises impératives en matière de rémunération et de conditions de travail.

Les démarches avant la prise de poste

Pour tout citoyen roumain embauché directement en France, la démarche principale est la déclaration préalable à l’embauche (DPAE), transmise à l’URSSAF au moins huit jours avant le début du contrat ou de la période d’essai. Elle déclenche l’affiliation au régime français de sécurité sociale et l’organisation de la visite d’information et de prévention dans les délais légaux. Aucun document particulier lié à la nationalité roumaine n’est requis.

Une carte d’identité roumaine en cours de validité ou un passeport suffit pour établir l’identité et la nationalité européenne du candidat. L’absence de numéro de sécurité sociale français au moment de l’embauche ne bloque pas la prise de poste : ce numéro est attribué ou régularisé après la DPAE par les organismes compétents, notamment la CPAM. Aucun délai d’attente ne s’impose donc avant de commencer à travailler en France.

Les ressortissants roumains qui souhaitent préparer leur arrivée depuis la Roumanie peuvent consulter le guide sur le travail des Roumains en France. Ils y trouveront les étapes à anticiper avant leur arrivée.

Vivre en France pour un Roumain

S’installer durablement en France suppose de connaître les règles de séjour européennes, les droits liés à l’emploi et les conditions de vie au quotidien. Pour un citoyen roumain, la mobilité au sein de l’Union européenne est pleinement garantie. Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen, le 31 mars 2024, les contrôles aux frontières intérieures ont été supprimés, ce qui facilite les déplacements.

Famille devant une maison française, déménagement avec cartons et valises, après relocation, en lien avec le pourquoi les roumains viennent travailler en france

Les règles de séjour européennes

Pour un Roumain qui souhaite vivre en France, les règles de séjour varient selon la durée du séjour. Pendant moins de trois mois, une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit : aucun titre de séjour n’est exigé. Aucune démarche préalable ni déclaration administrative obligatoire n’est nécessaire.

Au-delà de trois mois, les citoyens roumains doivent justifier d’une activité professionnelle, de ressources suffisantes ou d’une couverture maladie adaptée. L’objectif est de ne pas représenter une charge déraisonnable pour le système social français. Le titre de séjour reste facultatif, y compris pour un séjour prolongé, mais peut faciliter certaines démarches administratives.

  • Moins de 3 mois : séjour libre avec une carte d’identité ou un passeport valide, sans déclaration ni titre de séjour requis.
  • Plus de 3 mois (actif) : séjour conditionné à l’exercice d’une activité salariée ou indépendante ; la couverture maladie s’ouvre automatiquement dès l’embauche.
  • Plus de 3 mois (inactif) : séjour possible avec des ressources suffisantes et une couverture maladie personnelle, sans recours aux aides sociales françaises.
  • Après 5 ans de résidence légale continue : le droit au séjour permanent est acquis, sans obligation de justifier de ressources ou d’un emploi.

La Roumanie étant membre de l’espace Schengen depuis le 31 mars 2024, les trajets entre les deux pays ne comportent plus de contrôle aux frontières intérieures. Cette date marque toutefois un changement administratif important pour les séjours de plus de trois mois.

Les droits d’un Roumain en France

Le principe d’égalité de traitement s’applique aux citoyens roumains employés en France. Rémunération, conditions de travail, avantages sociaux et droits fiscaux : tout travailleur roumain embauché en France bénéficie des mêmes droits qu’un salarié français placé dans une situation comparable. Nous veillons à ce que chaque recrutement respecte ce cadre légal.

Dès le premier jour de contrat, le salarié roumain est affilié au régime français de sécurité sociale. L’assurance maladie, les prestations familiales et les droits à la retraite s’ouvrent selon les règles applicables. La durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine, avec au moins cinq semaines de congés payés annuels. Ces protections s’appliquent dès la prise de poste effective, quelle que soit la durée du contrat.

Pour aller plus loin, les droits des salariés étrangers en France sont présentés dans un guide consacré notamment au détachement européen, aux obligations des employeurs et aux recours en cas de litige. Cette ressource peut être consultée avant toute prise de poste ou mission d’interim.

Une installation facilitée par la mobilité

Les communautés roumaines présentes en France sont variées et souvent implantées depuis longtemps. Elles réunissent des familles naturalisées, des actifs, des retraités et des personnes arrivées pour des raisons politiques, religieuses ou intellectuelles. Ce tissu social facilite l’accueil des nouveaux arrivants et leur adaptation.

Pour un Roumain qui souhaite vivre en France, une installation progressive peut s’appuyer sur un cadre européen stable. Les droits s’accumulent, la résidence permanente s’acquiert après cinq ans et la naturalisation reste possible pour ceux qui souhaitent s’ancrer durablement.

Conditions de travail des salariés roumains

Qu’il s’agisse d’une embauche directe ou d’un détachement, les salariés roumains bénéficient de protections légales précises dès leur arrivée en France. Rémunération, cotisations et formalités administratives répondent toutefois à des règles différentes.

L’embauche directe et ses garanties

Parmi les inconvénients de travailler à l’étranger, la méconnaissance des droits figure souvent en bonne place. Pourtant, un travailleur roumain en France bénéficie des mêmes protections qu’un salarié français dès le premier jour : SMIC ou minimum conventionnel applicable, congés payés, représentation syndicale et protection contre le licenciement abusif. La nationalité ou l’origine ne peuvent justifier aucune différence de traitement.

  • SMIC garanti : le salarié doit percevoir au minimum 1 823,03 € bruts mensuels en 2026, ou le minimum conventionnel applicable si celui-ci est plus favorable.
  • Affiliation sociale immédiate : la DPAE transmise à l’URSSAF déclenche l’affiliation au régime français, avec une couverture maladie, retraite et prestations familiales dès la prise de poste.
  • Visite médicale : une visite d’information et de prévention doit être organisée dans les trois mois suivant le début du contrat, conformément aux règles françaises.

Pour une base brute de 2 000 €, le coût employeur en embauche directe est estimé à environ 2 918 € par mois, avec des cotisations patronales françaises d’environ 45 %. Il offre à l’employeur une sécurité juridique solide et garantit une couverture sociale complète au travailleur roumain en France.

Le détachement d’un salarié roumain

Le détachement transnational permet à une entreprise roumaine d’envoyer temporairement un salarié travailler en France, tout en maintenant son contrat roumain et son affiliation à la sécurité sociale roumaine grâce au formulaire A1. Cette formule convient particulièrement aux besoins ponctuels dans le BTP, la logistique ou l’industrie.

  • Déclaration SIPSI : la déclaration préalable doit être effectuée au moins trois semaines avant le début de la mission auprès des autorités françaises compétentes.
  • Formulaire A1 : ce document atteste du maintien de l’affiliation à la sécurité sociale roumaine pendant toute la durée du détachement, avec des cotisations patronales d’environ 31,5 %.
  • SMIC français obligatoire : les salariés roumains détachés doivent percevoir au minimum 1 823,03 € bruts mensuels en 2026, ou le minimum conventionnel applicable s’il est plus élevé.
  • Durée maximale de 24 mois : au-delà de cette période consécutive, l’affiliation au régime français devient obligatoire, ce qui modifie sensiblement la structure des coûts.

Pour une base brute de 2 000 €, le coût employeur en détachement est estimé à environ 2 630 € par mois, soit environ 288 € de moins qu’en embauche directe française.

Les limites du travail à l’étranger

Le travail en France peut offrir des avantages financiers nets à un ressortissant roumain, mais il comporte aussi des contraintes pratiques. La durée du détachement est limitée à 24 mois consécutifs. Au-delà, le salarié doit changer de statut ou mettre fin à sa mission. Après 12 mois de présence continue, une part plus large du droit du travail français devient applicable, ce qui fait évoluer les obligations des deux parties.

L’éloignement familial, les frais de logement en France et l’adaptation culturelle font partie des principales conditions à anticiper pour un travailleur mobile. Notre agence accompagne cette transition avec des solutions d’hébergement et un suivi administratif complet, de la sélection du candidat à son intégration dans l’équipe cliente.

Foire aux questions

Pourquoi les Roumains viennent-ils travailler en France ?

Les motivations sont principalement économiques. En 2026, le SMIC français s’établit à 1 823,03 € bruts mensuels, contre environ 865 € en Roumanie. Cet écart de salaire peut représenter un gain de 1 000 € à 1 600 € par mois selon le poste. Le marché du travail français est également plus porteur, notamment dans les secteurs en tension qui recrutent activement. La proximité linguistique joue aussi un rôle : environ 12 % des Roumains parlent français. Enfin, une diaspora déjà installée facilite l’intégration. Ces facteurs expliquent pourquoi les Roumains viennent travailler en France depuis des décennies.

Un Roumain ou un Bulgare peut-il travailler en France sans autorisation ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2014, les ressortissants roumains et les ressortissants bulgares bénéficient d’un accès direct et complet au marché du travail français, sans visa ni autorisation de travail préalable. Les mesures transitoires instaurées après l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne en 2007 ont pris fin le 31 décembre 2013. Depuis cette date, un ressortissant roumain ou bulgare peut être embauché comme un citoyen français, sur simple présentation d’une pièce d’identité valide. L’employeur n’a aucune démarche d’autorisation à effectuer en raison de la nationalité du candidat.

Quels sont les droits d’un Roumain en France ?

Un citoyen roumain employé en France bénéficie des mêmes droits qu’un salarié français : SMIC ou minimum conventionnel applicable, affiliation immédiate à la sécurité sociale française, assurance maladie, prestations familiales, congés payés de cinq semaines minimum, représentation syndicale et protection contre le licenciement abusif. Pour son séjour, il peut rester moins de trois mois avec une simple pièce d’identité. Au-delà, il doit justifier d’une activité ou de ressources suffisantes. Après cinq ans de résidence légale continue, il acquiert un droit au séjour permanent.

Comment un employeur français peut-il recruter un travailleur roumain ?

La démarche est simple. L’employeur n’a pas à démontrer l’absence de candidat français ni à obtenir une autorisation de travail. Il doit transmettre une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) à l’URSSAF au moins huit jours avant la prise de poste. Le candidat présente sa carte d’identité roumaine ou son passeport en cours de validité. L’absence de numéro de sécurité sociale français ne bloque pas le recrutement : celui-ci est attribué après la DPAE. Le salarié peut être embauché en CDI, en CDD, en intérim ou dans le cadre d’un détachement, selon les besoins de l’entreprise.

Quelle est la différence entre embauche directe et détachement pour un salarié roumain ?

Lors d’une embauche directe, le salarié roumain rejoint l’effectif français. Les cotisations sociales françaises représentent environ 45 % côté patronal, et le salarié relève intégralement du droit du travail français. En détachement, une entreprise roumaine envoie temporairement un travailleur en France pour une durée maximale de 24 mois. Les cotisations restent alors roumaines, à environ 31,5 %, ce qui génère une économie d’environ 288 € par mois pour un salaire brut de 2 000 €. Dans les deux situations, le salarié doit percevoir au minimum le SMIC français et bénéficier de toutes les protections impératives du droit français dès son arrivée.